Les Allinges

Publié le par Cabaret


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A cinq kilomètres au Sud-Ouest de Thonon se
dresse, sur le territoire de la commune des Allinges,
une colline aux flancs abrupts dont l'altitude atteint
712 mètres. Cette colline comporte à son sommet trois
éminences dites, l'une pointe de la Maladière, l'autre
pointe des Seblots et la troisième butte des Châfeaux.
Sur cette dernière butte se trouvent les ruines de deux
hères forteresses qui furent autrefois très puissantes et
dont la. rivalité au cours des siècles fut légendaire.
Ces citadelles étaient jadis désignées sous les noms
de Ch1iteau-Vieux et de Château-Neuf. La première
etait édifiée à l'Est de la colline, elle avait été construite
par les Burgondes puis était devenue, après
diverses péripéties, la propriété des seigneurs de
Faucigny qui y avaient placé une garnison sous les
ordres d'un sénéchal.

 

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Le Château-Neuf était, lui, placé à l'Ouest. Il
avait été édifié au Xme siècle par le roi de Bourgogne
Rodolphe II et restauré par son successeur Rodolphe
Ill. Il passa ensuite aux mains des comtes
de Savoie. Et comme les luttes entre les princes de
Savoie et du Faucigny étaient fréqtlentes on pense
que les garnisons de ces deux forteresses étaient loin
d'entretenir entre elles des relations de bon voisinage
et qu'elles avaient souvent à en découdre. C'étaient
alors des assauts farouches au cours desquels les
armées adverses s'affrontaient avec rage.
La plus célèbre de ces batailles fut livrée en 1325
et fait date dans l'histoire. 





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 Allinges "



Le Dauphin de Vienne,
alors en guerre avec le comte Edouard de Savoie dit
"le Libéral", était venu mettre le siège devant le
Château-Neuf . Il était assisté d'Hugues de Faucigny,
d'Amédée  de Genevois et d'Hugues d'Anthon:
une véritable coalition ainsi qu'on le voit. La forteresse
opposa à cette attaque une vigoureuse résistance
qui permit au comte Edouard de se porter à son secours
avec une puissante armée. Avant la rencontre,
le souverain de Savoie adressa à ses guerriers une
véritable proclamation : « Prenons donc par les cheveux,
 leur dit-il, cette occasion de gloire immortelle
et n'endurons pas que la céleste Croix-Blanche à la
vue de laquelle a souvent tremblé tout le pays
d'Orient, soit aujourd'hui maculée de déshonneur.
Ainsi entraînées, les troupes savoyardes se lancèrent
à l'assaut aux cris de Savoie, Savoie !!! et remportèrent
une victoire éclatante sur leurs adversaires qui
se retirèrent dans le plus grand désordre.

 

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Trente ans après, à la suite du traité de Paris, le
Faucigny fut incorporé aux états de la Maison de
Savoie. Celle-·ci réunit de ce fait entre ses mains les
deux châteaux des Allinges dont les luttes prirent ainsi
nn. Des garnisons furent placées dans ces forteresses
qui défendirent désormais raccès du Chablais.
En 1536, lors de l'attaque Bernoise, les chateaux
des Allinges tombèrent entre les mains des envahisseurs.
Ils furent ensuite occupés par les armées françaises
qui restèrent en Savoie jusqu'en 1559. Par la
suite, Emmanuel-Philibert créa aux Allinges un comté
dont la citadelle constitua le chef-lieu. Ce comté
comprit, outre la paroisse des Allinges, celles du
Lyaud, d'Armoy, d'Orcier, de Margencel, d'Anthy,
de Perrignier, de Mesinges, de Dreillant et de Cervens.
De cette époque il a subsisté une telle communauté
d'intérêt entre ces paroisses qu'il s'y tient de
nos jours un concours agricole spécial.
eest là que vint séjourner saint François de Sales
en 1694 et 1695 lorsqu'il vint accomplir cette fameuse
mission au cours de laquelle il ramena au catholicisme
le Chablais, passé à la Réforme depuis l'occupation
bernoise cie 1536.

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Les châteaux des Allinges devaient encore être
occupés par les troupes françaises lors des invasions
de 1690 et 1703. Ce que voyant, Victor-Amédée Il,
devenu roi de Sardaigne depuis 1713, prit la décision
de faire démanteler ces forteresses dénuées désormais
de toute valeur militaire.
De nos jours, seuls subsistent des glorieuses citadelles
d'antan quelques pans de murs que les intempéries
achèvent de ronger et une tour qui dresse vers
le ciel ses débris branlants. Une chapelle datant du Xeme siècle
 a été conservée en souvenir du séjoure
saint Français de Sales qui, dans les premiers temps
de son apostolat, y trouvait son unique refuge.
Ses voûtes sont ornées de très curieuses fresques
anciennes contemporaines du château primitif.

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