Arthaz

Publié le par Cabaret




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Arthaziens, 596 ha, 482 m.

Surnom (donné par ceux de Reignier) : lou Borta-Peublo (= heurte peuplier), parce qu'éméchés par leurs vins.

Graphies anciennes : Artas (1275), Artas (1344).

 

La commune est située à 18 km de Bonneville par la N 205, on peut aussi emprunter l'A 40 à l'échangeur de Nangy,
 à un peu plus de 2 km du chef-lieu. L'A 40 coupe la commune en deux et à causé
 de nombreux problèmes de liaison entre les différentes parties de la commune.
La population est très éparpillée, au bourg, au gros hameau de Truaz, aux hameaux de La Forge
 (atelier, forte), Rossat (nom d'homme roux ou mauvais bois rougeoyant à l'automne), La Chapelle.

 

La commune est située à la frontière du Genevois et du Faucigny. Elle est limitée par 7 communes.
 Au nord, c'est la Menoge qui l'isole de Cranves-Sales, Vétraz-Monthoux ; à l'est, c'est l'Arve qui,
 depuis les Golliets (bourbier, petite mare) jusqu'aux Grottes
 (creux au milieu de pierres, creusé par les eaux) fait limite avec Etrembières,
Monnetier-Monnex et Reignier (au sud) ; au sud-est, Nangy et Loex
(celtique : boue ; pré-indoeuropéen : pierre, rocher ; nom d'homme gaulois)
vers les Tattes qui bordent Arthaz-Pont-Notre-Dame.

 

Arthaz est établi pour la plus grande partie de son territoire sur une « presqu'île » triangulaire,
délimitée par les cours de l'Arve et de la Menoge (racine liguro-celtique men : eau) ;
cette plaine surplombe ces deux torrents par des rebords abrupts de près de 60 m qui posaient
des problèmes de relations avec ses voisines. Vers le nord, le plateau se relève
 jusqu'à 519 m. Ce site est dû aux différentes glaciations et interglaciaires (fleuves)
dont la dernière prit fin vers 12'000 ans. Ce sont des alluvions du quaternaire,
 surtout des argiles et des limons, d'où une fertilité variable.

 

Il n'y a pas de documents ou objets qui affirment une présence humaine certaine sur
les sites de la commune actuelle mais la proximité de lieux anciennement fréquentés,
 comme Loex, Reignier, permet de raisonnablement croire qu'Arthaz connut
 très tôt les passages ou même les séjours de nos ancêtres.

 

C'est la toponymie qui nous fournit la preuve d'un village gaulois ; nous avons vu plus haut
 que les graphies anciennes étaient Artas (elles se conserveront jusqu'à la fin du XVIIIe siècle).
 Ce nom dériverait du gaulois artos : ours (en gallois, langue celtique : artog).
Donc trois variables imaginables ; un endroit fréquenté par les ours,
un totem ou emblème symbolique d'un clan allobroge (la population gauloise qui contrôlait la vallée)
ou un nom d'homme rappelant un trait physique ou moral.

 

L'arrivée des romains, qui transforment l'oppidum (place forte, village fortifié)
de Genua en Genava (Genève) en carrefour routier (Gaule, Italie, Germanie), marque
l'existence officielle d'Arthas. Genève devient en 280 une civitas (= cité), divisée en petites
 circonscriptions rurales, les pagi. Arthaz appartient au pagus de la cité, c'est un vicus (petit bourg rural.

 

Le territoire d'Arthaz comprend deux fiefs, celui d'Arthaz et celui de Truaz. On voit apparaître
la famille Dardel (nom avec connotation guerrière) en 1279, qui ira jusqu'à se substituer au nom d'Arthaz
 jusqu'à la fin du XIVe siècle, sous le nom de « La bastie = maison forte).
 Le deuxième fief était nommé en 1771 (cf. édit d'affranchissement) « fief du Prince »,
 originellement aux Ternier (XIIIe siècle, nom d'homme latin),
 puis aux Saconay (XVe siècle).
 On ne peut citer toutes les familles nobles possesseurs de terres à Arthaz
(plus d'une dizaine). Mentionnons les de Loex, les de Constantin de Moussy,
 les de Baudry (originaires de Bonne). Ces familles possédaient des châteaux ou maisons fortes.
 Le château de pierre (en ruines), aujourd'hui à Nangy, commandait la route vers Reignier ;
La Roche (début du XIIe siècle) aux Nangy (origine gauloise),
 puis aux Nangy-Dardel (cf. Louis Blondemasse (fin XIIe siècle) ;
 presque plus aucune trace ; propriété des vassaux des Faucigny ;
grand rôle aux XIIIe -XIVe siècles ; ruiné en 1589 par les Genevois.
 Le château de Baudry, datant peut-être du XIVe siècle,
 mais remanié au XVIe siècle par Raymond de Baudry, bien conservé
(belle maison carrée, avec deux tours petites et une grosse ronde).
 La maison de la Biolle (= bouleaux), aujourd'hui ferme Métral,
bâtisse carrée, Le château de Truaz, redevenu propriété privée, vers 1700,
 logement de François Constantin de Moussy.





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"chateau de Baudry"



Au Pont-Notre-Dame, la maison Babuty (de Babut, nom d'homme)
vers 1740. A Pilly (= masures), restes d'anciens châteaux des Thoire ?
(nom d'homme latin Taurius ou Torius).

 

Le Moyen Age se caractérise par un développement important de l 'occupation humaine
; nombreux défrichements (Esserts), installation de familles nobles (Les Fieux = Fiefs).
 Vers le XVIe siècle, ou peu avant, apparition des Chez (dérivé de casa ou casis = maison),
 Les Chabannes, Chavannes (= cabanes , propriétés rustiques).

 

Entre 1411-1413, on peut estimer la population d'Arthaz à 40 feux (226-260 habitants) ;
 entre 1481-1482, à 26 feux (147-163 habitants) ; celle de Pont-Notre-Dame à 6 feux (34-38 habitants).
 C'est à cette époque que ce lieu-dit apparaît comme paroisse.

 

En 1561, Arthaz compte 317 habitants, Pont-Notre-Dame 94 habitants, mais en 1605,
 Arthaz ne dénombre plus que 150 habitants et Pont-Notre-Dame 15 habitants.
Cette diminution de population est due en grande partie aux troubles du XVIe siècle engendrés
 par l'établissement à Genève dès 1536 du culte réformé (protestantisme calviniste).

 

Emmanuel-Philibert, le restaurateur de l'Etat savoyard, meurt en 1580. Son successeur,
 Charles Emmanuel 1er, gendre du roi d'Espagne Philippe II, catholique sincère
mais intransigeant, va mener une politique de reconquête en direction de Genève
 (ancienne dépendance) et, dès 1589, un conflit éclate. C'est sans doute en 1589
que l'ancien château de la Bastie-Dardel est détruit. Le pont Neuf, entre Arthaz
et Reignier, fut sans doute construit en 1594. En 1768, la visite pastorale
 nous donne pour Arthaz 225 âmes en 60 feux et 150 communiants ; pour Pont,
 14 feux, 60 habitants avec 36 communiants. A la Révolution, en 1792, Arthaz
 et Pont-Notre-Dame font partie du district de Carouge, canton de Bonne.
 La branche aînée des de Baudry se rallie aux sans-culottes, le curé Michel
 Constantin se réfugie en Valais (non constitutionnel). 








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"l'ancienne eglise d'Arthaz"

 

Après la Révolution, l'économie demeure essentiellement rurale
(cultivateurs, vignerons, éleveurs). En 1818, le 10 novembre, les deux paroisses d'Arthaz
 et Pont-Notre-Dame fusionnent. En 1806, Arthaz comptait
 464 habitants et Pont 75 âmes. En 1826, nous avons un relevé précis,
 dressé par le curé Fleury de la population,
village par village, soit 136 familles, 733 habitants.

 

L'Eglise nouvelle, en croix grecque (bras égaux),
de style sarde, est consacrée en 1853 par Mgr Rendu.

 

Source : Dictionnaire des communes de Haute-Savoie.
Michel Germain - Jean-Louis Hebrard - Gilbert Jond
Éditions Horvath

 

 

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