Révolte Paysanne

Publié le par Cabaret




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Sous le règne du duc Charles Jean Amédée de Savoie, survint en
1492 un événement qui eut pu avoir des suites graves pour la maison
de Savoie.

 

 

Aux dures épreuves des guerres successives pendant les années
précédentes, s'étaient ajoutées tout d'abord la terrible épidémie de
peste noire de 1348, puis des disettes qui avaient affamé le monde
rural - les années précédentes avaient été si pluvieuses que le grain
pourrissait en terre et que de nombreuses innondations firent beaucoup
de dégâts : « A Genève même,
 7 000 personnes étaient mortes de faim. »

 


De plus, les seigneurs ruinés par la guerre avaient tendance à exiger
plus que de raison de leurs vassaux et ce au-delà des possibilités de
ceux-ci. La récolte de 1492 s'annonçait médiocre encore. Une sourde
agitation commença à se propager. Le pillage et l'incendie de châteaux
furent l'étincelle qui embrasa la région. Le soulèvement devint général
dans le Faucigny et tous les révoltés des vallées du Giffre, de l'Arve et
de l'Arly se donnèrent un rendez-vous solennel aux portes de Cluses.
Par acclamation, fut élu leur chef, un laboureur, ancien soldat
nommé Jean Gay, natif de Megève, qui devint ainsi chef des « Robes
rouges» car telle était la couleur des vêtements des insurgés. C'était
un homme actif, intelligent et courageux qui avait combattu avec les
Suisses aux batailles de Grandson, de Morat où furent anéanties les
armées de Charles le Téméraire, en 1476.

 

 

 

A la tête de l'insurrection, il
conçut d'abord le projet d'une république indépendante, puis réalisant
l'impossibilité de ce fol espoir, il se résolut à former avec le Chablais
et le Faucigny un nouveau canton de la Confédération helvétique,
projet qui fut accepté d'enthousiasme par ses compagnons d'armes.
Trois plénipotentiaires furent nommés pour se rendre à Berne
avec pour mission de demander au Conseil fédéral le rattachement à
la Confédération des provinces insurgées. Mais ils furent arrêtés à
Genève par Philippe de Savoie, comte de Bresse et leur mission découverte.
Le lendemain de l'arrestation, trois compagnies de soldats mercenaires
partirent pour Cluses où elles livrèrent combat à la petite
armée des insurgés. Mais elles furent rapidement contraintes de se
replier.

 


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" répression d'une jacquerie, miniature de la fin du 15eme siecle "

 

 

Philippe de Savoie, surpris, réunit des forces importantes et se
dirigea à nouveau sur Cluses. Mais dès Bonneville, il se heurta aux
forces de Jean Gay retranchées sur les hauteurs de Châtillon qui
 espérait de là agir sur la vallée du Biot, par celle du Giffre dont il était
déià maître.

 

 


Ne voulant pas risquer une issue incertaine avec de tels combattants
aussi résolus, Philippe de Savoie usa de ruse. Il monta à Châtillon
avec 100 hommes, pénétra presque seul au Conseil des insurgés. Il
dit à Jean Gay que la Suisse attaquée par la France ne lui serait
d'aucun secours, que des troupes piémontaises importantes faisaient
mouvement vers le Faucigny et il réussit enfin à le convaincre de
déposer les armes en lui promettant le pardon.
Jean Gay et ses principaux partisans furent alors faits prisonniers
et promis au supplice.

 

 

D'après le manuscrit de P.J. Morand:
« Jean Gay idéaliste avant l'heure, homme loyal et sensible aux
malheurs de ses frères; fut victime de la ruse et de la déloyauté de
Philippe de Savoie, comte de Bresse. »

 


Sourçe ..........Charles Socquet, " Mègeve et son passé "

Publié dans Les sires du Faucigny

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