Gènes

Publié le par Cabaret





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Durant le bas Moyen Âge, aux XIIe et XIIIe siècles, Gênes connait une période de prospérité
 et de montée en puissance grâce à son grand commerce (soie, épices, or, pierres précieuses, alun).
 La vie des institutions de la « Commune » est dominée par les rivalités entre ses quatre
 grandes familles, les Fieschi, Grimaldi, Doria et Spinola. Gênes écrase la flotte de Pise
 (1284) et conquiert la Corse et la Sardaigne qui devient son grenier à blé. Sa puissante
 flotte affronte également Venise à plusieurs reprises,
 sans qu'aucune des deux rivales ne puisse dominer l'autre.



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Depuis 1270, les deux cités de Venise et Gênes renouvelaient des trêves successives,
 tout en sachant l'affrontement inévitable. Les Génois ayant des positions sur la Mer Noire
 voulaient éliminer les Vénitiens des marchés de Constantinople et de Trébizonde;
 quant aux Vénitiens, ils voulaient chasser leur adversaire de leurs possessions
de la Mer Noire. Gênes se rapprochait de Byzance tandis que Venise se rapprochait
 de Pise. Les deux cités préparaient le conflit depuis 1286 et plus particulièrement
 en 1294. Au printemps 1294, les navires vénitiens attaquèrent les colonies génoises
 de Chypre, puis, le 7 octobre 1294, la flotte vénitienne mit la voile vers
 la Cilicie. Elle rencontra les Génois sur la côte arménienne et, cette fois,
la bataille fut désastreuse pour Venise. Elle perdit 25 navires,
 un nombre important de combattants dont son général Marco Basagio.



Face à la défaite, la ville réagit en donnant ordre à tous ses armateurs
 d'entreprendre une guerre de course, tandis que la
 cité reconstruisait une nouvelle flotte de 65 galères.
Gênes, qui a ainsi triomphé de Pise et de Venise, est alors à l'apogée de sa puissance
 militaire. Cependant si elle n'a rien à craindre de Pise, alors divisée en factions,
Venise était parfaitement capable de s'opposer à nouveau à elle et, dès l'année suivante,
 les deux cités s'affrontent dans une série de coups de mains jusqu'à ce que Gênes
 batte à nouveau Venise en 1297 devant Curzola. Une médiation du pape et de Charles
 d'Anjou amène les deux cités à signer la paix de Milan en 1299.



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" Gènes en 1493 "


Une troisième guerre éclate, de 1350 à 1355, émaillée de victoires incertaines de part
 et d'autre, jusqu'à ce qu'elles signent une paix temporaire à Byzance, en 1355, puis
 qu'elles concluent des accords commerciaux en 1361. De 1372 à 1378, une nouvelle période
 de tensions amène successivement une défaite vénitienne devant Pola en 1374, puis de Gênes
 près du cap d'Anzio en 1378. L'année suivante voit Gênes s'imposer mais, en 1379, commençait,
 entre les deux villes, la guerre de Chioggia s'achevant par la défaite génoise en 1380,
Venise assurant sa souveraineté sur la Méditerranée orientale. La paix de Turin de 1381
 voyait Venise remise en possession de tous ses privilèges à Constantinople et se faisait
 même reconnaître le droit de commercer librement en Mer Noire.

En 1390, devant la perte de ses positions commerciales en Tunisie en faveur de Venise,
 Gênes organisa une expédition militaire voulant lui donner le caractère
d'une nouvelle croisade au prétexte de venger la piraterie des Barbaresques contre
les Chrétiens. Elle obtint l'assistance d'un corps de seigneurs franco-anglais,
 dont Louis II de Bourbon prit le commandement et qui mit le siège devant Mahdia.


Réparation faite à Louis XIV par le doge de Gênes dans la Galerie des Glaces
 de Versailles (par Claude Guy Hallé, château de Versailles)Le conflit reprend
 sporadiquement et une nouvelle défaite génoise amena un nouveau traité en 1404.
 Gênes n'est alors plus en mesure de s'imposer. À nouveau battue en 1431,
elle perd tous ses comptoirs d'Orient, son dernier comptoir, celui de Kaffa en Crimée,
 tombant en 1475.

À l’époque moderne, les anciennes institutions font place, en 1528, à une république
 oligarchique puis aristocratique puisque tous les nobles gouvernent la République,
 composée de 28 alberghi, factions qui rassemblent les grandes familles de la noblesse
 génoise, telles que les Doria, Grimaldi, Fieschi, Spinola, Sauli, Brignole Sale, Lomellino.
 Elles élisent tous les deux ans un Doge de la République assisté d'un censeur
 et de deux consuls. Les Génois sont les principaux banquiers de la Couronne
 d'Espagne, jusqu'à la banqueroute de Philippe II. Le siècle qui
 s'étend de 1550 à 1650 est parfois nommé "le siècle des Génois".

En 1684, le doge de Gênes (Francesco Maria Imperiale Lercari) commet l'erreur de défier
 Louis XIV en fournissant des galères à l'Espagne, ennemie de la France. Au même moment,
 il traite avec désinvolture l'ambassadeur français François Pidou, chevalier de Saint-Olon.
 Sur ordre du roi, le marquis de Seignelay, intendant de la marine, accompagné
 du lieutenant général des armées navales Abraham Duquesne, organise en mai 1684
 une expédition punitive. La ville subit un violent bombardement. Le doge dut venir
 s'humilier à Versailles en mai 1685. Le doge se rendit à la présence du roi,
en août plein, avec un vêtement de velours, une action publicitaire adroite qui
 détermina le début d'une période de grande exportation de velours de Gênes à la France.
 Pendant la visite, le roi, montrant au doge le nouveau palais royal de Versailles,
 lui demanda quelle était la chose qui l'avait le plus étonné pendant sa visite.
 Le doge répondit d'une formule lapidaire caractéristique
 du sarcasme génois : "Mi chi" c'est-à-dire "Moi ici".

Après trente ans de guerre, une révolte contre l'occupant autrichien
 menée par un enfant nommé Ballila, Gênes cède à titre "provisoire"
 sa séculaire souveraineté sur l'île de Corse en 1768. En 1795,
Giacomo-Maria Brignole Sale est élu, pour la seconde fois (après 1779),
 dernier doge de Gênes. La République continua d'exister moralement malgré
 l'occupation française et au Congrès de Vienne en 1814-1815,
 Antoine Brignole Sale défendit vigoureusement mais sans succés l'indépendance
de la Ligurie; il est aujourd'hui considéré comme le dernier
 ministre de l'antique République et comme un grand patriote ligure.



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" vestige romains a Gènes "

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