Gravelle 1423

Publié le par Cabaret




Jadis, le « chemin gravelais » ou « chemin du Roy » (mentionné en 1454),
était une voie ancienne renommée, permettant d'aller «d'Anjou en Normandie»










La bataille d'Azincourt (1415) avait été « particulièrement meurtrière pour la noblesse de la région.
Après cette bataille, le régent anglais Jean de Lancastre, nanti des titres de duc d'Anjou et comte du Maine,
 ordonne une conquête systématique effectuée non sans résistance.

Lors de ce combat, en septembre 1423, la troupe anglaise commandée par William de la Pole,
regagnant la Normandie après une expédition de pillage en Anjou et Maine, subit une écrasante défaite.



casque daté 1420 conservé a Churburg



Au mois de septembre 1423, lord William de la Pole, frère du comte de Suffolk, était parti de Normandie
 avec 2 000 soldats et 800 archers pour faire une course au Maine et en Anjou. Il s'était emparé de Segré,
y avait rassemblé un butin immense et un troupeau de 1 200 bœufs ou vaches ;
puis il était reparti pour regagner le pays normand, emmenant des otages.


La reine Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII de France, qui était en sa ville d'Angers,
eut, la première, la pensée de venger l'affront et le dommage causés à son comté, et elle fit prévenir
 le plus vaillant des partisans du malheureux roi de France, Ambroise de Loré,
 commandant depuis 1422 de la place forte de Sainte-Suzanne.

Celui-ci, sachant que le comte d'Aumale, Jean VIII d'Harcourt, gouverneur de la Touraine,
de l'Anjou et du Maine, était alors à Tours et préparait une expédition en Normandie, lui dépêcha
 un messager avec une lettre. Le gouverneur vint en toute hâte à Laval,
amenant les troupes qu'il avait déjà réunies, « et manda gens de toutes parts à ce qu'ils se rendissent vers lui ».


Le plus prompt et le mieux accompagné fut le baron de Coulonges,
 dont on accepta les services malgré la disgrâce où il était auprès du gouverneur, en lui
 enjoignant seulement de ne pas se présenter à lui. Toute cette concentration se fit très rapidement.
 D'Aumale n'était arrivé à Laval que le vendredi 24 septembre. Il en repartit dès le samedi
 de grand matin, pour aller prendre position sur le chemin que devaient suivre les Anglais,
envoyant des coureurs pour surveiller leur marche et le renseigner exactement.


D'Aumale tint alors conseil avec le bâtard d'Alençon, le sire de Montjean,
 Louis de Trémigon et Ambroise de Loré. Il leur apprit que les Anglais étaient à trois lieues
de là et qu'ils passeraient, suivant le grand chemin qui longe la Bretagne,
 au lieu de la Brossinière, le lendemain matin dimanche.



"acquebutier debut 15eme"

 

Il y avait deux heures que les troupes étaient rangés en bataille quand on vit les éclaireurs anglais
 qui donnaient la chasse aux batteurs d'estrade. Les cavaliers leur coururent
 sus et les forcèrent à se replier sur leurs corps de bataille, où ils mirent pied à terre.

Les Anglais, marchaient bon train, piquant en terre de gros pieux, derrière lesquels ils pouvaient se retrancher
 au moment de l'attaque de la cavalerie. Les gens de pied les atteignaient de front ; le convoi de chariots
 et de troupeaux leur fermait l'issue par derrière ; malgré leur courage, ils ne purent résister longtemps.

Ce fut une boucherie où périrent 1 200 à 1 400 hommes. Les autres, parmi lesquels William de la Pole,
 Thomas Aubourg et Thomas Cliffeton se rendirent. Il n'en échappa pas 120. De l'autre côté, on ne perdit
 qu'un seul chevalier, Jean Le Roux, et « peu d'autres ». André de Lohéac,
le futur maréchal, fut fait chevalier avec plusieurs de ses compagnons. La dame de Laval fit enterrer les morts.

 

Cette victoire fut d'heureux augure pour le commencement du règne de Charles VII de France.
Dans le pays, « la besoigne de la Brossinière » resta un souvenir glorieux




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