Les Hussites

Publié le par Cabaret



Dès que la nouvelle de la mort de Jan Hus arrive à Prague, les nobles de Bohême favorables aux idées du réformateur (et désormais martyr) envoient à Constance une  protestation condamnant l’exécution de Jan Hus. En réponse, l’Empereur Sigismond a la mauvaise idée de déclarer qu’il noierait tous les partisans de Jan Hus. Les troubles éclatent aussitôt et les Hussites se préparent à la guerre. Mais il faut attendre le 30 Juillet 1419 pour que la situation bascule : ce jour là, une procession hussite défenestre les conseillers impériaux. Cet événement provoque la mort par infarctus de Wenceslas Ier, roi de Bohême qui tolérait, voir soutenait les Hussites, à la différence de son demi-frère Sigismond qui va avoir les pires difficultés à conquérir le Royaume.







Pour reprendre la succession du Royaume de Bohême, Sigismond obtient l’aide du pape Martin V (choisit par le Concile de Constance que l’Empereur avait lui-même convoqué ! CQFD) qui promulgue le 14 mars 1420 une croisade pour l’extermination des hérétiques Hussites. Des pillards de toute l’Europe et des Princes Allemands se réunissent pour donner l’assaut à Prague, qui est assiégé le 30 Juin 1420. Mais Jan Zizka (photo) détruit l’armée croisée à la bataille de Vitkov, ce qui suffit à anéantir la croisade, et entre en libérateur dans Prague. Presque toute la Bohême
est entre les mains des rebelles, lesquels doivent faire face déjà à de sévères divisions internes.

Les Ultraquistes et les Taborites sont les deux principales ailes du mouvement Hussite. Les premiers peuvent être vus comme les modérés. Ils reconnaissent encore la communion des deux espèces. Ils prennent comme symbole le Calice. Les Taborites, au contraire, refusent de reconnaître la moindre autorité religieuse terrestre et ne veulent vivre que par rapport aux lois de la Bible.

Jan Zizka est le commandant emblématique des Taborites. Après la mort de Wenceslas, Prague est déchirée par les troubles. Après un cessez-le-feu, il désapprouve le compromis trouvé par les nobles, et quitte Prague avec ses hommes. Il gagne le sud de la Bohême, où il s’installe près d’Usti, dans un lieu particulièrement propice à la création d’une véritable forteresse, nommée Tabor en référence au Mont Tabor biblique. Une discipline quasi-militaire et une organisation proto-communiste y sont institués. Les deux factions n’hésitent pas à se combattre, et à ce petit jeu c’est Zizka qui a toujours le dessus. Il parvient même à envahir et à s’assurer le contrôle de
la Moravie, pourtant catholique.










En Août 1421, une armée allemande passe à l’attaque, mais, le siège de la ville de Zatec est un échec et il suffit de l’annonce de l’arrivée de l’armée hussite pour les disperser. A la fin de l’année, Sigismong lui-même attaque et s’empare de Kutna Hora mais le 6 janvier 1422, il est défait une fois de plus par Jan Zizka à la bataille de Nemecky Brod. La croisade suivante est un échec au moins égal : en dépit de la mort de Zizka, les troupes hussites écrasent les Allemands à Usti nad Lebem, puis à Tachov en 1427, ce qui ouvre aux troupes hussites les routes de l’Allemagne. A la mort de Jan Zizka, c´est Prokop Holy qui prend la releve du plus grand chef militaire Tcheque, maitre de guerre qui ne fut jamais défait au combat, avec un succés égal : en 1431, une nouvelle armée est mise en déroute a l´approche des Orphelins, comme se font appeller desormais les soldats Taborites, orphelins de leur chef adoré.


Les Princes Allemands et l’Eglise, inquiets de voir la contagion Hussite s´étendre, acceptent de négocier. A défaut de pouvoir écraser l’hérésie, ils veulent la contenir et pour cela, ils montent les Ultraquistes modérés contre les Taborites, beaucoup plus extremes pour ne pas dire revolutionnaires, en leur promettant qu´ils pourront garder les domaines religieux confisqués. Le 30 Mai 1434, a Lipan, la derniere bataille signification des Guerres Hussites se déroule entre nobles et Taborites : ces derniers sont écrasés.

Le 15 juillet 1436 les Compactats sont signés entre Eglise et nobles modérés. La même année, Sigismond ratifie les accords, ce qui était sa seule et dernière chance de se voir reconnaître Roi de Bohême puisqu’il meurt en 1437 ! Les Compactats valident la confiscation, lors des soulèvements hussites, des biens de l'Église, confiscations qui ont profité à la noblesse tchèque et aux villes.








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