Hattin 1187

Publié le par Cabaret



Les Francs se divisaient peu à peu. Il y avait d'un côté
les Occidentaux arrivés récemment, motivés à guerroyer,
 et les autres nobles occidentaux appelés les poulains,
 lassés par ces interminables guerres détruisant tout commerce.
Ces Occidentaux partant d'Europe pour la
contre-jihad reprochaient aux poulains de s'être amollis,
d'être devenus trop tolérant envers les Sarrasins. Certains
les accusaient même de trahison. Les poulains voyaient
 donc d'un mauvais œil l'arrivée de contingents de guerriers belliqueux.
 Ils préféraient rechercher une autre manière de gérer les territoires à long terme.






 
Tous les efforts diplomatiques furent compromis.
Renaud de Châtillon attaquait des pèlerins se rendant à la Mecque,
 organisait des raids et commandait des pirates en Mer Rouge.
Saladin eut tous les prétextes pour passer à l'offensive.
 Il réussit à unifier la Syrie à l'Egypte. Remarquant les conflits politiques
 entre le comte Raymond de Tripoli et le roi de Jérusalem
 Guy de Lusignan, il signa un traité avec Raymond. Les croisés se divisaient.
Une ambassade hierosolymitaine tentait de rallier
 Raymond, quand soudain elle croisa une troupe de Saladin.
 Le combat s'annonçait à deux cent ou trois cent contre un en faveur des Sarrasins.
 Le Maître des Hospitaliers voulut raisonner Gerard de Ridefort, Maître des Templiers.
 Mais ce dernier lança la charge et fut largement battu suite à des erreurs tactiques
 grossières. Trois cavaliers réussirent à s'enfuir dont Gérard
 de Ridefort, tandis que cent quarante-sept têtes s'élevèrent au bout de lances.
Le comte de Tripoli comprit alors le danger et rendit hommage au roi de Jérusalem.
Saladin irrité par les attaques continues de ses pèlerins,
 harcela les frontières et mobilisa des troupes. En réaction,
 Raymond rallia ces barons et les forces franques
se rassemblèrent à Séphorie. Le Maître du Temple fit débloquer les fonds
 confiés par le roi d'Angleterre Henri II pour solder des mercenaires.
Encerclés par Saladin, le piège était flagrant
 pour des hommes habitués à la guerre en Terre sainte.
 Il n'aurait certainement pas été trop difficile
de convaincre le roi de demeurer à Séphorie. Les émirs s'impatientaient
de rester indéfiniment sans possibilité du butin et se seraient dispersés.
 Et si Saladin s'était décidé d'attaquer, c'était lui qui faisait un pénible voyage.
Mais Gérard de Ridefort n'était pas de cet avis. Quelques années auparavant,
Guy de Lusignan avait refusé d'attaquer Saladin et perdu sa place de régence et reçut
 un discrédit général en échange. Le Maître du Temple utilisant
 cet argument fit céder le roi. Ordre fut donner pour le départ le lendemain matin.



"le champs de bataille supposé"


 
L'armée se dirigea vers Tibériade. Le voyage fut
 long et pénible. Les soldats, comme le chevaux,
 étaient épuisés et assoiffés. Raymond de Tripoli tenta une dernière fois de convaincre
 d'abandonner et de perdre Tibériade, ajoutant que sa femme, ses enfants et son trésor
étaient dans le château. Nul ne perdrait autant que lui. Hautain, Gérard de Ridefort ricanait.
 Ce dernier s'assura encore la nuit que le roi n'avait pas changé d'avis. 
Le 3 juillet 1187, la confrontation eut lieu à Hattîn. Les croisés étaient cernés par les cavaliers de Saladin.
Guy tenta deux charges : le seconde fut néfaste. Ne voulant pas tomber entre les mains de son ancien allié,
 Raymond entreprit une charge pour ouvrir un passage et s'échappa. Guy de Lusignan, Gérard de Ridefort
 et Renaud de Châtillon se rendirent. La grande sainte Croix, étendard des croisés fut perdue.
Loyal, Saladin, étant souverain, ne voulait pas tuer un autre souverain. Mais frappé par l'arrogance
 et l'insolence de Renaud, il le décapita lui-même. Afin de purifier la Terre des deux ordres,
Templiers et Hospitaliers furent tous décapités sauf Gérard de Ridefort. 



guerrier chretient evo d'olivier "d'historia Meridionnalis"

 

Cette bataille eut d'énormes conséquences. Plus soucieux de son commerce et de la dépopulation,
 Saladin fit demi-tour. Il imposa une discipline stricte à ses soldats, ne leur permettre ni tuerie inutile,
 ni pillages. Le royaume de Jérusalem n'avait plus d'armée, hormis les débris sauvés par Raymond de Tripoli.
Les commanderies templières et hospitalières étaient pratiquement vides.
 Leur roi prisonnier, la vraie Croix perdue, le peuple était démoralisé et mettait bas les armes




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