Poitiers - 1356

Publié le par Cabaret

 

 

 


Lors de la guerre de Cent Ans, après la calamiteuse bataille de Crécy (1346), les Anglais se sont solidement établis en Guyenne et mènent régulièrement des raids dans le Sud de la France. En 1355 déjà, le roi de France manquant de fonds n'avait pu les combattre. Il réunit en 1356 les États généraux qui lui accordent ce dont il a besoin pour lever une armée. La bataille a lieu à Nouaillé-Maupertuis.

                                 

 

 

 

 


Campagne précédant la bataille
Le raid mené par le Prince Noir passait par Bourges et Orléans. Pour le poursuivre plus efficacement, Jean II le Bon abandonne la moitié de son ost pour ne garder que les cavaliers, plus rapides. Après avoir cherché l'adversaire, l'ost français se retrouve fortuitement face à lui au sud de Poitiers, alors qu'il retourne à Bordeaux chargé de butin. Les Anglais acceptent le combat de mauvais gré, le chemin de la Guyenne leur étant coupé.
Le combat se déroulant sur un terrain accidenté et coupé de haies, Jean II le bon décida que le combat se ferait à pied.

 

 

Déroulement
Au petit matin, un mouvement des Anglais laisse penser qu'ils tentent de passer leur butin de l'autre côté du Miosson au gué de l'Omme. Croyant à une fuite des Anglais, les Français, au lieu de se concentrer, s'engagent dans un chemin bordé de haies (Maupertuis, un mauvais passage), et deviennent une proie facile pour les archers anglais.

Les deux corps de bataille s'engagent ensuite de façon désordonnée, désordre accentué par les pièges préparés par les Anglais. La bataille tourne à l'avantage du Prince Noir. Jean II le bon pense alors que la défaite est possible, et sauve ses fils en les envoyant à Chauvigny : le Dauphin Charles de Normandie et le duc d'Anjou. Bien lui en prit, puisqu'en s'engageant à la poursuite du Prince Noir, le roi de France se retrouve isolé avec son fils cadet âgé de 14 ans, Philippe le Hardi (« Gardez-vous à droite, mon père, gardez-vous à gauche ! »). Il est immédiatement cerné et capturé au champ Alexandre.

 

 

À deux lieues de là se dresse le tout neuf château de Chambonneau. Le Prince Noir le prend par bluff. C'est au premier étage du donjon (encore existant) que se déroule le premier repas de captivité du roi et de son fils le 19 septembre au soir. Devant eux, un capitaine anglais blessé dans le combat et moribond à Chambonneau, rend l'âme dans les bras du Prince Noir. Il s'agit du sire Dandley. (Ces précisions données par la lettre de condoléances adressée le 20 septembre 1356 à la veuve Dandley.)


Bilan
Jean le Bon est fait prisonnier,3000 mort reste sur le terrain, et ne sera libéré que contre rançon (600 000 écus dont 400 000 seulement seront payés), en 1361.

Les états généraux de langue d'oïl sont réunis peu après. Ils décident de libérer Charles II le Mauvais, roi de Navarre, cousin et beau-frère du roi captif, dans l'espoir qu'il protège le pays dans la défaite. Mais le Navarrais entre en contact avec les Anglais pour s'approprier de nouveaux fiefs.

Enfin, en 1360, le traité de Brétigny, négocié par Jean Chandos côté anglais, et par Bonabes IV, sire de Rougé et de Derval, côté français, abandonne aux Anglais la partie du royaume située au sud de la Loire.

Enfin, l’efficacité des archers gallois, après Crécy, pousse à la création d’unités d’archers par le futur Charles V. Celles-ci sont dissoutes sous la pression de la noblesse, mais l’idée est reprise un siècle plus tard (et après Azincourt) pour la création des compagnies d'ordonnance en 1445 et les francs archers en 1448

 

 


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