Le chateau de Menthon

Publié le par Cabaret



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Période : XIIe-XIXe siècle
Bâti sur un site vraisemblablement occupé par l’homme depuis la Préhistoire, le château de Menthon
 domine le lac d’Annecy ainsi qu’une ancienne voie romaine reliant Faverges à Genève.
 Sauf pendant un bref intervalle de douze ans (de 1809 à 1820), il a toujours été habité,
 depuis sa construction au Moyen Age, par la même famille : "Si j’excepte,
 a pu écrire Foras, l’historien de la Savoie, les maisons souveraines - Savoie,
 Genevois, Faucigny -, aucune famille dans le duché ni dans le comté de Genevois
 ne peut prouver comme Menthon, une puissance féodale plus considérable au XIIIe siècle".
 Durant les Xe et XIe siècles, un château primitif, sans doute une tour unique
 avec des postes de guet au sommet, devait vraisemblablement occuper le site. Au XIIe siècle,
 construction des trois tours quadrangulaires ; la tour du lac domine le village,
 la tour des armes surveille le col de Bluffy et le donjon contrôle
 les montagnes et le passage vers Thônes. Les trois tours étaient reliées
 par un chemin de ronde à découvert enserrant une vaste cour, ultime refuge
 pour les populations en période de troubles.
 A la renaissance : le château se transforme ; des appartements remplacent les chemins de ronde.
 L'aspect général de la bâtisse se modifie peu jusqu'au XVIIIe siècle. En 1740,
 de nombreux aménagements de confort sont effectués, une vaste salle à manger
 et un grand salon prennent place dans le corps de logis en façade sur le lac,
 entre les vieilles tours du lac et le donjon. Peu de changements s’observent jusqu'en 1880.
 En 1880, René de Menthon, arrière-grand-père du propriétaire actuel, artiste,
 attaché à l'œuvre de la famille, s'emploie à donner au château son aspect actuel dans le goût
 de son époque (qui est aussi celle de Louis II de Bavière). Il ajoute des tourelles,
 réduit l'ancienne cour intérieure,
 l'entoure d'une galerie à colombage et remanie une grande partie des intérieurs.
 Cette dernière campagne de travaux est confiée au départ à l’architecte dijonnais Charles Suisse,
 un élève d’Eugène Viollet-le-Duc. Menées avec grand soin,


 

 





 ces transformations, qui s'achèvent lors du conflit de la Première Guerre mondiale,
 ont eu le mérite de sauvegarder l’édifice. La tradition rattache le château
 à saint Bernard de Menthon (923-1008), proclamé par Pie XI "patron des alpinistes
 et de tous ceux qui fréquentent les montagnes". Attiré très jeune par la religion,
 il quitta, dit-on, le château familial la nuit précédant son mariage
 en se sauvant par une fenêtre afin de se faire prêtre à Aoste. Il devint archidiacre de l'évêque
 et fonda les hospices du Grand Saint-Bernard, aujourd'hui détruits.
 Saint Bernard délivra ainsi les cols des Alpes et les rendit sûrs aux voyageurs,
 permettant le développement du commerce et des pèlerinages entre la France et l'Italie.
 En raison de cette tenace légende qui associe le saint valdotain à la famille de Menthon,
 le château renferme de nombreuses représentations de saint Bernard ;
un oratoire a même été aménagé en 1820 à l'emplacement supposé de sa chambre.
 Une relique du saint est en outre honorée
 chaque année le 15 juin dans la chapelle (construite au XIXe siècle) qui lui est dédiée. 
 





La seigneurie de Menthon, aux bords du lac d'Annecy,


a donné son nom à l'une des plus illustres
 maisons du Genevois. On regarde comme étant un de ses premiers rejetons saint Bernard, né en 923,
 qui fonda deux asiles hospitaliers dans les passages des Alpes,
 au sommet du grand et du petit mont Saint-Bernard. Robert de Menthon
 fut créé grand bailli de Genevois en 1371 ; Henri de Menthon, conseiller d'Amédée VIII
 et grand bailli du pays de Vaud,
 assista au traité de paix de 1413, entre le duc de Savoie et le marquis de Saluces.
 Georges de Menthon, seigneur de Coligny, conseiller du roi de France, fut nommé, en 1482,
 gouverneur et lieutenant général du comté de Villars par le duc de Bourgogne.
 Bernard III, premier comte de Menthon, fut créé colonel des milices par Emmanuel-Philibert,
 en 1560. Bernard VI de Menthon, comte de Montrottier, épousa en 1714
 Marguerite de Lescheraine, et leur fille et héritière porta en dot le château
 et les biens de sa maison à Louis Veuillet de la Saulnière, comte de Domessin.
 La maison de Menthon avait formé plusieurs branches telles que celles des seigneurs
 de Couvette et de Beaumont sous Salève, des barons de la Balme et des comtes d'Aviernoz.
 Armes : de gueules, au lion d'argent, à la bande d'azur, brochant sur le tout.

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