Les burgondes

Publié le par Cabaret

 

Les Burgondes

 

 

 

 

Au terme de migrations en Germanie et sur le plateau bavarois,
 les Burgondes établissent un petit royaume avec la ville de Worms comme capitale (début du Ve siècle).
 Pris entre les Alamans au sud et les Francs au nord, menacés par les Huns à l'est,
 ils restent en Rhénanie une trentaine d'années,
 en bonne entente avec Rome.

 

 

 

 

"boucle Burgonde retrouvée a La Roche/Foron -74"

 

 


Dès cette période, des clans royaux burgondes se convertissent
 au christianisme orthodoxe (catholicisme)
 ou à sa variante l'Arianisme, mais le peuple et la noblesse restent
 cependant en grande majorité païens, aux contacts des Goths. En 436/437,
 sous la conduite de leur roi Gonthier et profitant de l'agonie de l'Empire romain d'Occident,
 ils rompent alors avec les Romains et se heurtent au général Aetius qui les défait
 grâce notamment à ses fidèles contingents de cavaliers huns. 20 000 guerriers burgondes
 seraient morts dans ce combat avec leur roi, le Gunther des Nibelungen ;
le choc est terrible pour le peuple burgonde, terrorisé. Une partie d'entre eux sont soumis
 au roi hun Attila et s'établissent en Pannonie,
 tandis que les autres, certainement
 la majorité et bien que vaincus, se voient intégrés comme auxiliaires
 de l'armée romaine et reçoivent le droit de s'établir en Sapaudie (« Pays des Sapins »),
 région qui couvrait vraisemblablement les territoires
 frontaliers entre les Alpes et le Jura.
 En 443 commence officiellement le royaume de Burgondie avec Genève pour capitale principale
 et plus tard les villes de Lyon, prise en 457,
 perdue et reprise en 459,
 Dijon, Besançon, Autun, Langres (vers 460) et Vienne en (463). Le peuple burgonde,
 vraisemblablement l'un des peuples germaniques les moins nombreux, divisé en deux groupes
 et réduit par les attaques hunniques et alémaniques des décennies précédentes
 (autour de 80 000 individus tout au plus),
 s'installe essentiellement autour de Genève,
 sur la rive Nord du lac Léman, en Romandie, et dans la vallée de la Saône.
 Des détachements militaires seront quant à eux cantonnés dans quelques points stratégiques
 comme notamment la forteresse d'Avignon et à Embrun ; rien d'une invasion massive en Gaule.
 En 475, ils atteignent la Durance et espèrent atteindre la Méditerranée. En 500/501,
 leur extension est stoppée par les Francs qui les battent près de Dijon, sur l'Ouche.

 

 

 

 


Vers l'an 502, alors en pleine apogée sous leur roi Gondebaud, les Burgondes ont étendu
 leur domination vers l'ouest et le sud et leur royaume
 est désormais centré sur le Lyonnais et le Dauphiné.
 Gondebaud a su éliminer ses trois frères pour concentrer
 le pouvoir entre ses mains, renforçant ainsi le pouvoir royal.
 En plus de faire rédiger un ensemble de lois
 mettant à pied d'égalité ses sujets gallo-romains et burgondes,
 (la célèbre loi dite Gombette), autorisant notamment les mariages mixtes mais réservant
 toujours les hautes fonctions politiques et militaires aux seuls burgondes,
 il est également connu comme étant l'oncle de l'épouse catholique de Clovis,
 Clotilde. Son fils Sigismond lui succède en 516.
 Il abandonne bientôt officiellement l'arianisme
 et devient un fervent catholique, pieux et sincère dans sa foi, tentant
 vainement d'amener son peuple dans sa foi. Il avait déjà fondé vers 515 l'abbaye
 de Saint-Maurice d'Agaune et en fit un lieu de pèlerinage. Cependant,
 assez impopulaire parmi son peuple resté
 majoritairement arien et païen et manquant d'autorité
 face à la noblesse burgonde, celle-ci le livre
 finalement aux Francs ; l'un des rois de ces derniers,
 cherchant à punir la famille royale burgonde
 pour des raisons de vengeance (la faide germanique),
 le fait massacrer peu après avec sa famille (524) près d'Orléans.
 À sa mort, le royaume burgonde, déjà affaibli
 depuis la mort de Gondebaud et pressé par les Francs,
 les Alamans et les Ostrogoths d'Italie, est considérablement réduit. Mais grâce à leur
 victoire à la bataille de Vézeronce sur le roi franc Clodomir, tué au combat,
les Burgondes et leur nouveau roi Godomar III sauveront un temps les restes du royaume.

 

 

 


En 534, le reste de la Burgondie est annexée par les Francs mérovingiens. Les Burgondes,
déjà en voie d'intégration depuis une trentaine d'années environ et manquant de cohésion,
 n'opposeront pas de résistances soutenues face aux Francs. Il purent cependant garder
 un temps leurs lois et leurs coutumes
 jusqu'au milieu du VIIe siècle et se mêleront aux autochtones.

 

 


 Cependant, le souvenir de cet éphémère royaume burgonde et de ce peuple germanique
 resta longtemps dans les esprits et il laissa à leurs descendants directs
 (mais aussi aux autochtones), un sentiment national fort qui sera source de nombreux
 conflits dans tout le Moyen Âge, dès l'époque mérovingienne avec des tentatives
 de création d'une Burgondie indépendante et bien plus tard opposant rois capétiens
 aux empereurs germaniques jusqu'à l'époque du roi Louis XI et de Charles le Téméraire.
 Quant à la loi Gombette, elle reste en vigueur, réservée pour la seule noblesse
 d'ascendance burgonde selon la personnalisation des lois. Elle sera supprimée
 au début du IXe siècle avec les efforts notamment d'Agobard, archévêque de Lyon,
 qui jugea cette personnalisation des lois injuste
 par rapport au reste de la population, moins favorisée.

 

 

L'actuelle Bourgogne perpétue encore de nos jours par son nom,
 le souvenir de ce premier royaume.





tombe-burgonde-1985.JPG
"tombes burgondes retrouvées a annemasse en 1989"

 

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