L'Abbaye de Hautecombe

Publié le par Cabaret

Histoire

L’abbaye de Hautecombe fut fondée dans la 1ère moitié du XII ème siècle.

Le nom de Hautecombe désigne le vallon au creux duquel des moines Cisterciens venus de l’ abbaye d’Aulps en Haute-Savoie s’étaient d’abord installés, très haut sur une pente du pays de Cessens, de l’autre côté du lac, vers 1101. Puis, vers 1137, la vie monastique prend racine sur la rive occidentale du lac de Chatillon, sur un terrain qui avait été donné à Amédée de Clermont d’Hauterives par la Famille de Savoie. Il fut le constructeur avec ses moines de la première église cistercienne. Les moines devenus Bénédictain restèrent en ces lieux pendant plus de six siècles. Des premières constructions monastiques du XIIème siècle, il reste deux beaux vestiges :

-l’antique grange au bord du lac, appelée aussi “la darse”, qui recevait les denrées apportées par les barques. Ce bâtiment purement utilitaire exprime cependant la simplicité et la pureté de l’architecture cistercienne.

-la “Porte de l’Aumône” (XVe) à l’entrée du site.

C’est vers la fin du XIIème siècle que les premiers membres de la famille des Princes de Savoie furent inhumés à Hautecombe. Du XIIème siècle au XV:ème siècle, une quarantaine de princes et princesses y furent ensevelis. L’apogée spirituelle de l’abbaye se place au XIIIème siècle et XIVème siècles. Des moines furent élus papes en 1241 : Célestin IV et Nicolas III.Cette gloire commence à décliner au XVème siècle, par la faute d’un des Princes de Savoie, le duc Amédée VIII, qui, devenu pape sous le nom de Félix V, confiera la gestion des abbayes à des abbés qui ont privilégié le matériel au détriment du spirituel.Au moment de la Révolution française, l’abbaye d’Hautecombe déclarée bien national, fut pillée à deux reprises. Puis, elle fut vendue pour être convertie en 1799 en fabrique de faiences jusqu’en 1807. Elle resta alors à l’abandon pendant 17 ans. L’Europe romantique se donna rendez-vous sur ce lieu : des artistes, des écrivains, des poètes tels que Lamartine ou Jean-Pierre Veyrat de Chambéry :

“Je venais voir alors sur ces sombres collines
Les restes des vieux jours, des débris, des ruines.
Sur un sol noir battu par les flots, désolé
Le vieux cloître gisait, sombre et démantelé.
Le vent du soir soufflait dans la gothique ogive,
La ronce s’amassait aux sentiers de la vie,
Les hiboux y criaient d’une lugubre voix,
Dernier hymne de deuil à la cendre des rois...”

 

En 1815, le Traité de Vienne rend la Savoie au roi dver le monastère et en confie la restauration à un architecte piémontais Ernest Melano. L’architecture est de style gothique flamboyant, qui surprend par son exubérance et qui diffère de l’architecture cistere Sardaigne et de Piémont. Le roi de Sardaigne, Charles-Félix, de passage à l’abbaye, décide de relecienne originale. Le roi de Sardaigne a voulu en faire un grand mausolée à la mémoire de ses ancêtres : le long des murs se succèdent des cénotaphes ou tombeaux vides. Il fut lui aussi inhumé à Hautecombe, suivi de son épouse, la reine Marie-Christine et du dernier roi d’Italie, Humbert II de Savoie en 1983. Vers 1826, les Cisterciens italiens venus de Turin rétablissent la vie monastique. Mais ils repartent en Italie. Une autre congrégation, venue de la congrégation de Sénanque, y resta 58 ans. Puis la Commuauté des Bénédictins de Ste-Marie-Madeleine de Marseille s’installa en 1922 et Hautecombe rayonna à nouveau. En 1992, les moines partent à Ganagobie, dans les Alpes de Haute Provence, et sont remplacés par la communauté du Chemin-Neuf.

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Rebecca 28/09/2006 21:57

Elle a l'air super, cette abbaye ! Et gigantesque à côté de celle de Rieunette... Les cisterciens sont extraordinaires !