Genève

Publié le par Cabaret


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En 443, une tribu germanique, les Burgondes, se fixe dans la région. Pendant trente ans, Genève abrite la capitale de leur royaume. Celui-ci est occupé par les Francs en 534 : Genève est incorporée à la monarchie mérovingienne, puis à l'Empire carolingien. La désagrégation de ce dernier, au IX e siècle, voit naître le Second royaume de Bourgogne, auquel Genève appartient.

 

 

En 1032, cet Etat passe aux empereurs germaniques. En droit, Genève dépend désormais de l'Empire ; en fait, depuis le XI e siècle et jusqu'à la Réforme, elle est gouvernée par ses évêques devenus seigneurs de la ville.

 

 

Genève reste une localité secondaire jusqu'à la fin du Moyen Age. Ses foires, qui atteignent leur plus grand essor au XV e siècle, lui donnent alors, et pour la première fois, une réputation internationale.

 

 

Cependant, son indépendance est menacée par la Savoie, dont les princes s'efforceront, du XIII e au XVII e siècle, de s'emparer de la ville, sans y parvenir





Les convoitises savoyardes

Née au XI e siècle, la maison des comtes de Savoie est riche de possessions sur les deux versants des Alpes. Au Xlll e siècle, elle se rend maîtresse du Pays de Vaud. Les comtes s'intéressent de plus en plus à Genève. Le chemin le plus court entre la Savoie et Vaud passe par Genève et le pont du Rhône. De plus, peuplée, bien fortifiée, en pleine croissance économique, la ville conviendrait merveilleusement pour servir de capitale au comté de Savoie. Pendant plus de trois siècles, les convoitises savoyardes vont menacer Genève. 






 

 

"chargement d'une galère Genevoise au 14eme siecle"

 

Une première offensive se déroule de 1285 à 1290. Au mépris des droits de l'évêque, le comte Amédée V occupe la ville. Au début du XIII e siècle, l'évêque Aymon de Grandson avait construit un puissant château protégeant le pont du Rhône ; il n'en reste aujourd'hui que le donjon, la Tour de l'Ile. Il fallut un siège de quatorze mois pour que les troupes du comte fissent capituler le château.

 

 

 

 
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"une des plus vielles rue de la ville"


 

"blason actuel de la ville"





 

 

En 1290, l'évêque Guillaume de Conflans fut contraint de reconnaître le fait accompli dans un traité conclu à Asti (Italie, Piémont) : la Savoie gardera le château de l'Ile. En outre, l'évêque doit céder au comte la charge de vidomne, fonctionnaire qui juge les procès civils entre les particuliers et mène l'instruction des affaires pénales.

Le péril savoyard

Le péril savoyard va prendre une autre forme à la suite de circonstances insolites. En 1416, l'empereur Sigismond avait accordé à Amédée VIII le titre de duc, qui correspondait à la grandeur qu'avait atteinte l'Etat savoyard. Ce premier duc se retira en 1434 dans la maison religieuse qu'il avait fondée à Ripaille, près de Thonon.

 

Le concile de Bâle (1431-1449), en lutte avec le pape, élut l'ex-duc comme pape dissident en 1439 ; Amédée de Savoie devint Félix V. En 1444, il s'attribua l'évêché de Genève, vacant par la mort de François de Metz. Félix abdiqua la papauté en 1449, non sans avoir reçu du pape Nicolas V un privilège permettant aux ducs de Savoie de désigner dorénavant les évêques dans leur Etat, y compris à Genève.

En conséquence, de 1451 à la Réforme, cinq des évêques et seigneurs de Genève furent des membres de la maison de Savoie. Les quatre autres étaient issus de familles nobles vassales des ducs.

Selon les apparences, le sort de Genève paraît réglé. Quand un duc le jugera bon, il écartera l'évêque et l'incorporera à son Etat. Cette évolution paraît d'autant plus probable que la commune résistante du premier XV e siècle est devenue collaborationniste, malgré quelques sursauts. Les familles dirigeantes entretiennent des liens étroits avec la Savoie.

Parfois même, des mariages les unissent à la noblesse du duché. La politique des autorités communales à l'égard de la Savoie est illustrée par une déclaration du syndic Pierre Braset, en 1482, à des ambassadeurs suisses: « Les syndics, citoyens et bourgeois ont à obéir aux ordres du duc, auquel ils ne veulent déplaire en aucune manière ».

Jusqu'à la suppression du vidomnat en 1528, les fonctions de châtelain de l'Ile et de vidomne furent réunies et confiées au même homme, un vassal des comtes de Savoie. Voilà donc ceux-ci solidement établis à Geneve.




 

 

  "Geneve en 1580"


 






La première offensive

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