Le chateau de Montrottier
Le château de Montrottier se situe sur la commune de Lovagny en Haute-Savoie
à une dizaine de kilomètres à l'ouest d'Annecy, près des gorges du Fier.
Le château est situé dans l'avant-pays savoyard, pays de l'Albanais entre le Rhône
et les préalpes calcaires, et il est perché sur une colline qui domine toute la contrée.
Du chemin de ronde, la vue embrasse la campagne vallonnée et s'étend au-delà des montagnes
qui dominent le lac d'Annecy jusqu'au mont Blanc.
Les bâtiments du château furent édifiés entre le XIIIe et le XVe siècle.
C'est une forteresse pentagonale autour d'un donjon cylindrique à mâchicoulis et courtines
et constitue un bel exemple de l'architecture médiévale savoyarde.
Au XIIIe siècle, fut construite une enceinte hexagonale, protégée au nord par les gorges du Fier,
et comportant une tour carrée, la Tour des religieuses, ainsi qu'un bâtiment pour le corps des gardes.
Il est à noter que les poutres de la tour ne furent pas incrustées dans les murs mais seulement posés
sur des corbeaux, afin d'évacuer l'humidité et permettre un changement plus facile.
Au XIVe siècle est ajouté une tourelle d'angle à la Tour
des religieuses afin d'abriter un escalier à limon suspendu.
Au XVe siècle, Pierre de Menthon, conseiller et ambassadeur du duc de Savoie Amédée VIII
en devient le seigneur. Il va faire effectuer beaucoup de travaux de construction et de rénovation.
Constructions du Logis des chevaliers, du Logis des Comtes, et construction
du donjon central à mâchicoulis : 33,5 m de haut pour une circonférence de 30,6 m,
comprenant 5 salles superposées et accessible par une passerelle de bois depuis
le premier étage du Logis des Comtes Il fit aussi effectuer la réfection des courtines.
La famille de Menthon-Monrottier conservera le château jusqu'à la Révolution. Au début du XIXe siècle,
il appartint au général suisse Guillaume-Henri Dufour,
fondateur de l'armée suisse moderne et de la Croix-Rouge.
La baronne de Rochette qui en fut propriétaire au XIXe siècle fit aussi faire d'importants travaux,
en remaniant le Logis des Comtes et en remplaçant
l'escalier du Logis des Chevaliers par un escalier d'honneur.
Au début du XXe siècle, de 1906 à 1916, le château devint la propriété de Léon Marès qui fut
un grand collectionneur d'objets d'art. À sa mort, il le légua, avec ses collections,
à l'Académie florimontane, fondée en 1606 par François de Sales et le juriste Antoine Favre,
père de Vaugelas. L'Académie florimontane en est encore aujourd'hui propriétaire.
Le château contient de vastes collections d'armes et d'armures
, de faïences, porcelaines et verreries,
de tapisseries (dont des tapisseries des Flandres),
de meubles d'époque, de dentelles,
ainsi qu'une collection d'objets rares d'Extrême-Orient et d'Afrique,
réunis par Léon Marès, l'un des derniers grands collectionneurs
de la fin du XIXe siècle. Il comprend dans ses collections quatre bas-reliefs
en bronze (renaissance allemande), de Peter et Hans Vischer, célèbres fondeurs à Nuremberg, au XVIe siècle.
Il se visite de mars à octobre.