La poudre a canon

Publié le par Cabaret

 

 

 

La poudre noire ou poudre à canon est un mélange déflagrant de salpêtre
 (du latin salpetrae signifiant "sel de pierre"), de soufre, de charbon de bois.

 

 


Les précurseurs de poudre apparaissent vraisemblablement en Chine vers le VIe siècle.
 La première trace écrite attestée semble

 être le "Wujing Zongyao" (ou "Wu ching tzung yao"
 suivant les traducteurs) qui daterait des alentours de 1044. Cet ouvrage
 dont le titre peut se traduire par "Principes généraux du Classique de la guerre"
donne une méthode de fabrication de grenades à poudre noire,
 dont l'effet principal semble encore être le bruit.
Il semble qu'aux alentours de 1130, des tubes de bambou
 remplis de poudre noire servirent de "lance-flammes".
 Des flèches enfoncées dans un tel dispositif auraient
 constitué l'étape suivante vers les "armes à feux".

 

 

 

Au XIIIe siècle, apparurent les grandes à corps de fonte. Et les premiers canons/mortiers
 métalliques Chinois (bronze) remonteraient au XIVe siècle. Des fusées semblent
 avoir été développées dès la fin du XIVe, début du XVe siècle.
 De telles fusées ne semblent avoir été "sérieusement"
 utilisées en Europe qu'à partir du XVIIIe, XIXe siècle,
 entre autres par les Anglais durant les guerres Napoléoniennes (fusées de "Congreve").

 

 

 

 

 

 

 

 


Les techniques de fabrication de la poudre auraient été transmises au monde Arabo-perse
 entre le VIIIe siècle et le IXe siècle. Cependant son usage "connu" semble plutôt dater du XIIIe siècle,
 avec des mentions écrites de composition à base de salpêtre.

Il semble que cette région du monde ait surtout développé les grenades métalliques,
 et le feu d'artifice (avec adjonction de nombreux adjuvants pour colorer les flammes).
 L'usage de cendres pour purifier le salpêtre,
 développé dans la péninsule arabique, permit de multiplier considérablement la puissance des poudres.

La poudre noire arrive en Europe au milieu
 du XIIIe siècle par l'intermédiaire de la civilisation islamique.

 

 

Le premier à décrire sa composition fut le frère Roger Bacon, moine franciscain
 d'Ilchester dans le Somerset, dont les écrits remontent au milieu du XIIIe siècle.
 L'ouvrage De Secretis Operibus Artis et Naturæ et de Nullitate magiæ du frère Bacon
exprime en 1257 la formule sous forme d'anagrammes, probablement pour s'épargner
une enquête de l'Inquisition. Albert Le Grand, plus connu sous le nom de saint Albert,
 en revendique la paternité dans De mirabilibus mondi (Les merveilles du monde).
 La légende populaire l'attribuera pour sa part au moine Berthold Schwartz dont
le nom montre clairement le côté symbolique (schwarz signifie noir en allemand).

 

 

 


Les premières armes à feu utilisables apparaissent environ cinquante ans plus tard.
 La première certitude de leur existence se trouve dans un manuscrit anglais de 1326
 intitulé De Notabilitatibus, Sapientia, et Prudentia Regum,
rédigé par Walter de Milemete, chapelain du roi Édouard II d'Angleterre,
 à l'intention et pour l'éducation du futur roi Édouard III.

 

 

"Trait a poudre 1430"

 

 

 

"artilleurs bourguignons - 1476"

 

 

"Arquebuse 1480"

 


En 1886 est inventée la poudre pyroxylée, dite poudre sans fumée,
 qui comme son nom l'indique ne dégage aucune fumée et peu de résidus lors de sa combustion.
 Cette poudre est aujourd'hui utilisée dans toutes les armes contemporaines,
 car la quasi-absence de résidus n'encrasse pas les armes contrairement à la poudre noire.






P1020550.JPG

"bouche à feu de 1450 conservée a Grandson"  






couteau058kg0.jpg
"mangueneau sur la terrasse du chateau de Gruyère"

Publié dans Armes et Armures

Commenter cet article