Grunwald 1410

Publié le par Cabaret

 

 

La bataille de Grunwald, (de nos jours Stebark en Pologne)
a eu lieu 15 juillet 1410 entre l'ordre des chevaliers Teutoniques
 avec quelques chevaliers d'Europe de l'Ouest et une coalition de la Pologne,


 de la Lituanie, des mercenaires bohémiens et des Tartares.
 Elle est appelée aussi bataille de Zalgiris par les Lituaniens
 et première bataille de Tannenberg par les Allemands.

 

 

Contexte historique


L’Ordre des Teutoniques et la Pologne avaient signé une paix perpétuelle en 1404.
 Mais en 1409, la région de la Samogitie (nord-est de la Lituanie),
 encore païenne prend les armes contre l'Ordre teutonique.
L'Union de Pologne-Lituanie appuie la révolte.
 Le Grand-Maître de l'ordre — Ulrich von Jungingen — déclare la guerre à la Pologne.
 L’année 1409 se passe en recherche d’alliés.

 


Campagne précédant la bataille


La mobilisation commence en mai.
 Les armées polonaise et lituanienne font leur jonction le 2 juillet seulement.

Après quelques raids de diversion, elles pénètrent en territoire teutonique le 9,
 en direction de la capitale Malbork. L’armée teutonique les attend sur la rivière Drewencz,
 dont elle a fortifié les gués ; pour éviter un franchissement sous les tirs de l’ennemi,
 Vytautas, grand-duc de Lituanie et cousin du roi Jagellon,
qui a le commandement opérationnel de l’armée, remonte le cours de la rivière.
 Ulrich von Jungingen abandonne alors sa position pour les poursuivre.
Il réussit à les rejoindre et à leur barrer la route le 15 juillet,
 près du village de Tannenberg.

 



azincourt-guerrier-color1124.JPG






Forces en présence


D'un côté l'imposante force des chevaliers teutoniques qui ont battu le rappel.
Ainsi, des chevaliers de l'Ordre venus de toute l’Europe (les invités) sont présents sur le champ de bataille :

24 Chevaliers de Geniegau
120 Chevaliers de France (dont le futur maréchal de France Jean Boucicaut)
Le comte de Hemb, bâtard d’Écosse
Les milices urbaines sont également convoquées. Enfin, des mercenaires tchèques,
 allemands, polonais, et des pirates de la Baltique sont même engagés

21 000 Chevaliers
9 000 Fantassins, dont des arquebusiers
Les alliés Wenceslas de Bohême et Sigismond de Hongrie n’envoient aucun renfort.

De l'autre, les Slaves avec les chevaliers polonais du roi Ladislas II Jagellon (Wladyslaw II Jagiello),
 les Lituaniens du grand-duc Vytautas, les mercenaires bohémiens de Sokol, tchèques ou moldaves.
 Vassaux de Lituanie, Smolensk et les Tartares envoyaient leur contingent,
 pour former un total de 29 000 chevaliers et 10 000 fantassins,
 supérieurs en nombre, mais moins bien armés et entraînés.

Le front est estimé a plus de 3 kilomètres de largeur.

 

 


Déroulement


En infériorité numérique, l’ordre dispose ses chevaliers sur une ligne,
 avec une réserve de cavalerie, et l’infanterie au centre.

En face, la cavalerie polonaise occupe l’aile gauche (au sud) ; la cavalerie lituanienne occupe l’aile droite,
 avec les vassaux Tatars à l’extrême-droite (au nord).
La cavalerie russe est au centre (qu’elle n'occupe pas en totalité) ;
 des contingents de cavalerie et d’infanterie polonaise, de la cavalerie lituanienne
et les mercenaires bohémiens forment les réserves.

Le combat débute par une charge de front. Les cavaliers polonais et russes réussissent
 à bousculer l’infanterie germanique, qui recule en bon ordre et est remplacée par de la cavalerie.
 Alors que l’aile gauche de Jagellon et le centre résistent à la poussée teutonique,
 l’aile droite est enfoncée ; quant aux cavaliers tatars, ils sont coupés du reste de l’armée polonaise,
 et sont poursuivis par un corps de chevaliers teutoniques.

 

 

L’aile droite polonaise et la cavalerie russe sont sérieusement mises à mal ;
 le grand-maître de l’ordre rappelle alors la cavalerie qui poursuivait les fuyards,
et engage sa réserve pour déborder l’armée polonaise par la droite.
 Malgré l’engagement des réserves de cavalerie et des mercenaires pour combler les trous,
 l’enseigne royale polonaise est mise un instant à bas, et un chevalier teutonique engage
 le combat avec le roi Ladislas. La garde royale le dégage,
 et la bataille bascule ensuite en faveur des Polono-Lituaniens.

En effet, voyant que les Teutoniques ont abandonné la poursuite, les cavaliers
 lituaniens et Tatars se reforment, et prennent à revers le centre adverse. L’infanterie est alors engagée,
 et achève l’encerclement. L’aile droite teutonique est coupée du reste du front, et le camp teutonique est pris.

Le grand maître, Ulrich von Jungingen, est abattu au milieu de ses chevaliers,
 ainsi que de nombreux dignitaires de l’ordre.

 

 

Bilan


51 bannières prises
La Pologne devint alors la grande puissance régionale.
 Elle annexe la Prusse occidentale et impose sa suzeraineté sur le reste.
En 1466, elle retrouva même l’intégralité de sa façade maritime sur la mer Baltique.
 L’Ordre est durement mis à mal : il perd 8000 chevaliers.
 Quatorze mille autres hommes sont faits prisonniers.
 L'armée coalisée a perdu 4000 tués et 8000 blessés.

Le 17 juillet, les Polono-Lituaniens repartent vers Malbork,
 et y mettent le siège le 26. Cependant, menacé sur ses arrières
 (Silésie, Bohême, Moravie et Hongrie lui sont hostiles),
 et n’ayant pas d’équipement de siège, Ladislas lève le siège le 18 septembre.
 Le traité de Thorn, signé en 1411, est cependant favorable à la Pologne

Publié dans Batailles

Commenter cet article